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Optimisation Turpe

Optimiser les dépenses d’énergie de votre entreprise !

Pour optimiser la facture d’énergie d’une entreprise il faut agir à la fois sur le contrat, les taxes, les usages, les équipements et le pilotage. Ce guide détaille les leviers adaptés aux agriculteurs, commerçants, PME, hôtels, industriels, collectivités, copropriétés, multisites ou ETI.

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Comprendre les postes de dépense énergétique d’une entreprise

Les composantes d’une facture d’électricité professionnelle

Une facture d’électricité d’entreprise ne se limite pas au prix du kWh. Elle comprend généralement :

  • la part énergie, c’est-à-dire le prix de l’électricité consommée ;
  • l’abonnement, qui dépend notamment de la puissance souscrite ;
  • le TURPE, le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité ;
  • les taxes et accises, dont certaines peuvent être réduites selon l’activité ;
  • les frais annexes, comme les services de suivi, les garanties d’origine ou les pénalités contractuelles.

Pour une entreprise, la première erreur consiste souvent à négocier uniquement le prix du kWh. Or, un contrat moins cher en apparence peut rester coûteux si la puissance est mal dimensionnée, si l’option tarifaire est inadaptée ou si les consommations se concentrent aux mauvais moments.

Les composantes d’une facture de gaz professionnelle

Une facture de gaz comprend également plusieurs postes :

  • le prix du gaz consommé, exprimé en €/MWh ;
  • l’abonnement, qui varie selon le profil de consommation ;
  • l’acheminement, lié à l’utilisation des réseaux de transport et de distribution ;
  • les taxes et accises ;
  • les éventuels services contractuels, comme le suivi de consommation ou l’achat de gaz vert.

Le gaz reste un poste majeur pour les hôtels, les copropriétés avec chauffage collectif, les industriels utilisant des fours ou de la vapeur, les collectivités avec bâtiments chauffés et certaines exploitations agricoles.

Les données indispensables avant toute optimisation

Avant de comparer les offres ou d’engager des travaux, l’entreprise doit réunir un socle de données fiable :

  • les factures d’électricité et de gaz des 12 à 36 derniers mois ;
  • les consommations en kWh ou MWh par mois ;
  • la puissance souscrite pour chaque compteur ;
  • les courbes de charge Linky, PME-PMI, HTA ou télérelevées ;
  • les horaires d’ouverture, de production ou d’occupation ;
  • les contrats en cours, dates d’échéance et conditions de résiliation ;
  • la liste des sites, compteurs, PDL, PRM ou PCE ;
  • les équipements énergivores : froid, chauffage, moteurs, ventilation, cuisine, éclairage, compresseurs, pompes, fours, serveurs ou bornes de recharge.

Les indicateurs à suivre pour piloter les économies

Chaque secteur doit suivre des indicateurs adaptés à son activité. Le coût total en euros ne suffit pas, car il dépend du volume d’activité, de la météo et des prix de marché.

Indicateurs communs

  • coût moyen en €/MWh ;
  • consommation totale en kWh ;
  • puissance maximale appelée ;
  • part de consommation en heures pleines et heures creuses ;
  • talon de consommation nocturne ;
  • consommation hors horaires d’activité ;
  • évolution mois par mois corrigée de la météo.

Indicateurs par activité

  • agriculteur : kWh par litre de lait, par hectare irrigué, par tonne séchée ou par mètre carré de serre ;
  • commerçant : kWh par m² de surface de vente ou par jour d’ouverture ;
  • hôtel : kWh par nuitée, par chambre occupée ou par couvert servi ;
  • industrie : kWh par tonne produite, par lot, par heure machine ou par unité fabriquée ;
  • collectivité : kWh par bâtiment, par élève, par usager, par point lumineux ou par m² ;
  • copropriété : kWh par logement, par m² chauffé ou par occupant ;
  • multisite : kWh par site, par m², par chiffre d’affaires ou par typologie de site ;
  • ETI et grande entreprise : kWh par ligne de production, par centre de coût ou par entité opérationnelle.

Les erreurs fréquentes qui gonflent la facture

  • conserver une puissance souscrite trop élevée après une baisse d’activité ;
  • ne pas modifier le contrat après l’ajout de machines, de bornes de recharge ou de froid industriel ;
  • payer une option heures pleines/heures creuses sans consommer suffisamment en heures creuses ;
  • laisser fonctionner chauffage, climatisation, ventilation ou éclairage hors horaires utiles ;
  • ne pas vérifier l’éligibilité aux taux réduits d’accise ;
  • renouveler automatiquement un contrat sans mise en concurrence ;
  • ne pas centraliser les contrats dans une entreprise multisite ;
  • confondre baisse du prix du kWh et baisse réelle de la facture totale.

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Optimiser le TURPE, la puissance souscrite, le contrat et la fiscalité

Comprendre le rôle du TURPE dans la facture d’électricité

Le TURPE correspond au tarif payé par les utilisateurs pour l’acheminement de l’électricité sur les réseaux publics. Il finance les réseaux de transport et de distribution, indépendamment du fournisseur choisi. Depuis le 1er août 2025, le TURPE 7 HTA-BT s’applique pour les utilisateurs raccordés en basse tension et haute tension A, avec une structure visant notamment à mieux valoriser les consommations déplacées hors des périodes de tension du réseau.

Le TURPE dépend principalement :

  • du domaine de tension du site : BT, HTA ou HTB ;
  • de la puissance souscrite ;
  • de l’option tarifaire ;
  • de la version tarifaire choisie ;
  • du profil de consommation ;
  • des périodes horosaisonnières ;
  • des dépassements éventuels ;
  • de l’énergie soutirée du réseau.

Identifier les entreprises les plus concernées par l’optimisation du TURPE

L’optimisation du TURPE est particulièrement importante pour :

  • les industriels avec puissance élevée ;
  • les exploitations agricoles avec pompage, séchage, ventilation ou froid ;
  • les hôtels avec chauffage, eau chaude, cuisine, spa ou blanchisserie ;
  • les commerces alimentaires avec meubles frigorifiques ;
  • les entrepôts logistiques et frigorifiques ;
  • les collectivités avec piscines, gymnases ou éclairage public ;
  • les copropriétés avec chauffage collectif électrique ou équipements communs importants ;
  • les entreprises multisites avec de nombreux compteurs ;
  • les ETI et grandes entreprises avec contrats HTA ou HTB.

Optimiser la puissance souscrite

La puissance souscrite doit correspondre à la puissance réellement nécessaire au site. Une puissance trop élevée augmente la part fixe de la facture. Une puissance trop basse peut générer des dépassements, des frais, voire des contraintes d’exploitation.

Analyser la puissance maximale appelée

L’entreprise doit comparer la puissance souscrite avec la puissance réellement appelée sur les 12 derniers mois. Si la puissance maximale atteinte reste nettement inférieure à la puissance souscrite, une réduction peut être envisagée. À l’inverse, si les dépassements sont fréquents, il peut être plus économique d’augmenter la puissance plutôt que de subir des coûts récurrents.

Étudier les pics ponctuels

Certains pics ne justifient pas toujours une hausse de puissance. Ils peuvent venir d’un démarrage simultané de machines, de groupes froids, de pompes ou de compresseurs. Dans ce cas, il faut d’abord étudier un délestage, un séquencement des démarrages ou une automatisation.

Adapter la puissance à la saisonnalité

Les besoins peuvent être très différents entre l’été et l’hiver. C’est le cas des hôtels saisonniers, des exploitations agricoles, des commerces touristiques, des stations de ski, des campings, des collectivités ou des industries avec cycles de production. Une analyse horosaisonnière permet d’éviter de payer toute l’année une puissance dimensionnée pour quelques semaines de pointe.

Choisir la bonne option tarifaire TURPE

L’option tarifaire détermine la manière dont le réseau facture la puissance et l’énergie soutirée. Le bon choix dépend de la répartition des consommations entre les différentes périodes : heures pleines, heures creuses, hiver, été, pointe ou périodes mobiles selon les cas.

Profil adapté aux heures creuses

Une option avec heures creuses devient intéressante si l’entreprise peut déplacer une part significative de ses usages :

  • production d’eau chaude sanitaire ;
  • recharge de véhicules électriques ;
  • pompage agricole ;
  • froid positif ou négatif avec stockage thermique ;
  • process industriel différable ;
  • lavage, blanchisserie ou nettoyage ;
  • ventilation ou préchauffage ;
  • charge de batteries ou stockage.

Profil peu flexible

Si l’activité consomme surtout pendant les horaires d’ouverture ou de production, l’intérêt des heures creuses peut être limité. C’est fréquent dans les commerces de journée, les bureaux, les administrations, les ateliers non automatisés et les sites recevant du public.

Profil avec forte pointe

Les entreprises qui concentrent leur consommation sur quelques périodes doivent surveiller le coût de puissance. Une pointe courte mais élevée peut alourdir la facture si elle impose une puissance souscrite supérieure au besoin moyen.

Réduire les pointes de consommation

La réduction des pointes est l’un des leviers les plus efficaces pour optimiser le TURPE et l’abonnement. Elle consiste à éviter que plusieurs équipements puissants fonctionnent simultanément.

Actions techniques possibles

  • installer un système de délestage ;
  • séquencer le démarrage des moteurs, pompes, fours ou groupes froids ;
  • programmer les bornes de recharge en dehors des pointes ;
  • utiliser des variateurs de vitesse ;
  • mettre en place une gestion technique du bâtiment ;
  • installer un stockage thermique ou électrique ;
  • prérefroidir ou préchauffer certaines zones hors période chère ;
  • éviter le fonctionnement simultané chauffage-climatisation.

Actions organisationnelles possibles

  • décaler certains cycles de production ;
  • répartir les lavages ou cuissons ;
  • éviter le lancement simultané de machines au démarrage du site ;
  • former les équipes à identifier les usages de pointe ;
  • mettre en place des alertes de dépassement.

Optimiser le TURPE en entreprise multisite

Une entreprise multisite doit éviter de gérer chaque compteur isolément. L’optimisation doit se faire sur l’ensemble du parc.

Centraliser les données

La première étape consiste à créer une base unique avec :

  • le nom du site ;
  • l’adresse ;
  • le PDL ou PRM ;
  • la puissance souscrite ;
  • l’option tarifaire ;
  • la consommation annuelle ;
  • le coût annuel ;
  • la date de fin de contrat ;
  • les anomalies détectées.

Classer les sites par priorité

Les sites à traiter en premier sont ceux qui présentent :

  • une puissance souscrite très supérieure à la puissance appelée ;
  • des dépassements fréquents ;
  • une consommation nocturne anormale ;
  • un coût en €/MWh supérieur à la moyenne du parc ;
  • des contrats arrivant bientôt à échéance ;
  • des consommations atypiques par rapport aux sites comparables.

Comparer les offres d’électricité et de gaz

La comparaison des offres doit être menée après l’analyse du profil de consommation. Une entreprise avec consommation régulière, une entreprise saisonnière et une entreprise très flexible ne doivent pas forcément choisir le même type d’offre.

Prix fixe

Le prix fixe sécurise le budget pendant la durée du contrat. Il convient aux PME, commerçants, hôtels, copropriétés et collectivités qui veulent limiter l’exposition aux variations de marché.

Prix indexé

Le prix indexé peut être adapté aux entreprises capables de suivre les marchés et d’accepter une part de variation. Il est plus fréquent chez les industriels, ETI, grandes entreprises et acheteurs multisites.

Achat fractionné

Les grandes entreprises peuvent acheter leur énergie par tranches successives afin de lisser le risque. Cette stratégie demande une politique d’achat claire, des seuils de décision et un suivi régulier des marchés.

PPA et autoconsommation

Les contrats d’achat direct d’électricité renouvelable et l’autoconsommation photovoltaïque peuvent être étudiés pour les entreprises avec surface disponible, consommation diurne importante ou stratégie RSE structurée.

Optimiser la fiscalité énergétique

Certaines entreprises peuvent bénéficier de taux réduits ou d’exonérations d’accise sur l’électricité ou le gaz selon leur activité, leur intensité énergétique et leurs usages. Les démarches nécessitent généralement des justificatifs et une attestation transmise au fournisseur.

Entreprises potentiellement concernées

  • industries électro-intensives ;
  • activités métallurgiques ;
  • procédés chimiques ;
  • serres agricoles ;
  • exploitations avec séchage ou froid important ;
  • sites utilisant l’électricité dans un procédé spécifique ;
  • certains usages du gaz dans les procédés industriels ;
  • cogénération selon les cas ;
  • grands consommateurs soumis à concurrence internationale.

Points de vigilance

  • vérifier l’éligibilité chaque année ;
  • mettre à jour les attestations lors d’un changement de fournisseur ;
  • distinguer les usages éligibles et non éligibles ;
  • conserver les justificatifs ;
  • prévoir un sous-comptage si seul un usage est concerné ;
  • ne pas appliquer un taux réduit sans validation documentaire.

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Détailler les besoins en énergie et les leviers d’économie par secteur

Agriculteur

Les exploitations agricoles ont des profils énergétiques très différents selon l’activité : élevage, grandes cultures, maraîchage, viticulture, arboriculture, serres, stockage frigorifique ou transformation à la ferme.

Principaux besoins énergétiques

  • irrigation : pompes électriques, surpresseurs, automatismes ;
  • élevage laitier : tank à lait, pompe à vide, lavage, eau chaude ;
  • élevage avicole ou porcin : chauffage, ventilation, éclairage, alimentation automatique ;
  • serres : chauffage, déshumidification, ventilation, écrans thermiques, éclairage horticole ;
  • stockage : chambres froides, ventilation de pommes de terre, céréales ou fruits ;
  • séchage : céréales, fourrage, bois, plantes aromatiques ;
  • transformation : fromagerie, conserverie, pressoir, cave, atelier de découpe.

Optimisations prioritaires

  • programmer l’irrigation en heures creuses lorsque c’est compatible avec les besoins agronomiques ;
  • installer des variateurs de vitesse sur pompes et ventilateurs ;
  • récupérer la chaleur du tank à lait pour préchauffer l’eau ;
  • isoler les réseaux d’eau chaude ;
  • nettoyer les condenseurs des groupes froids ;
  • vérifier les joints des chambres froides ;
  • mettre en place un pilotage de ventilation selon température et hygrométrie ;
  • installer des écrans thermiques en serre ;
  • étudier le photovoltaïque en autoconsommation sur toiture agricole ;
  • adapter la puissance souscrite à la saison d’irrigation ou de séchage.

Optimisation TURPE spécifique

Les agriculteurs doivent analyser les pics liés aux pompes, au froid et au séchage. Si ces équipements démarrent simultanément, la puissance appelée peut être artificiellement élevée. Le séquencement des démarrages, le pilotage des pompes et le décalage des cycles peuvent réduire la puissance nécessaire.

Commerçant

Les commerces ont souvent des consommations liées à la surface de vente, à l’éclairage, au froid, au chauffage, à la climatisation et aux équipements de caisse ou de sécurité.

Principaux besoins énergétiques

  • éclairage : surface de vente, vitrines, réserves, enseignes ;
  • chauffage et climatisation : confort client et salarié ;
  • froid alimentaire : vitrines réfrigérées, meubles froids, chambres froides ;
  • ventilation : renouvellement d’air, extraction ;
  • informatique et caisse : terminaux, écrans, systèmes de sécurité ;
  • portes et accès : portes automatiques, rideaux d’air chaud, sas d’entrée.

Optimisations prioritaires

  • remplacer l’éclairage par des LED ;
  • mettre des détecteurs dans réserves, sanitaires et locaux techniques ;
  • programmer les enseignes lumineuses ;
  • fermer les meubles froids ;
  • installer des portes sur les vitrines réfrigérées ;
  • contrôler les températures des chambres froides ;
  • éviter les portes ouvertes en période de chauffage ou de climatisation ;
  • régler correctement les rideaux d’air ;
  • arrêter les équipements non essentiels la nuit ;
  • comparer les offres d’énergie à chaque échéance.

Optimisation TURPE spécifique

Le commerçant doit vérifier si l’option heures pleines/heures creuses est réellement rentable. Beaucoup de commerces consomment surtout en journée, pendant les heures d’ouverture. En revanche, un commerce alimentaire avec froid permanent peut avoir un profil plus favorable aux heures creuses.

Gérant de PME

Une PME peut combiner des usages tertiaires et productifs : bureaux, atelier, stockage, informatique, climatisation, compresseurs, machines-outils ou recharge de véhicules.

Principaux besoins énergétiques

  • bureaux : chauffage, climatisation, éclairage, informatique ;
  • atelier : machines, moteurs, outillage, ventilation ;
  • air comprimé : compresseurs, fuites, sécheurs ;
  • stockage : froid, ventilation, éclairage ;
  • flotte : bornes de recharge électrique ;
  • process : lavage, cuisson, séchage, découpe, emballage.

Optimisations prioritaires

  • réaliser un mini-audit énergétique ;
  • installer des compteurs divisionnaires sur atelier, bureaux et process ;
  • rechercher les fuites d’air comprimé ;
  • adapter les horaires de ventilation ;
  • programmer chauffage et climatisation ;
  • mettre en veille ou arrêter les machines hors production ;
  • éviter les démarrages simultanés ;
  • renégocier le contrat avec une courbe de charge à jour ;
  • vérifier la puissance souscrite ;
  • former les équipes aux écogestes opérationnels.

Optimisation TURPE spécifique

La PME doit analyser les pointes du matin, souvent liées au démarrage simultané du chauffage, de la ventilation, des compresseurs et des machines. Un automate simple ou une procédure de démarrage progressif peut réduire la puissance appelée.

Responsable d’hôtel

Un hôtel consomme de l’énergie toute l’année, avec une forte dépendance au taux d’occupation, à la saison, au niveau de service et aux équipements annexes : restaurant, spa, piscine, blanchisserie ou salles de séminaire.

Principaux besoins énergétiques

  • chambres : chauffage, climatisation, éclairage, prises, télévision ;
  • eau chaude sanitaire : douches, cuisine, blanchisserie ;
  • cuisine : cuisson, froid, extraction, lavage ;
  • blanchisserie : lavage, séchage, repassage ;
  • espaces communs : éclairage, ventilation, chauffage ;
  • spa et piscine : chauffage de l’eau, déshumidification, pompes ;
  • froid : chambres froides, minibars, caves.

Optimisations prioritaires

  • installer des cartes coupe-circuit en chambre ;
  • réguler chauffage et climatisation selon occupation ;
  • poser des mousseurs et réducteurs de débit ;
  • calorifuger les réseaux d’eau chaude ;
  • récupérer la chaleur sur ventilation ou buanderie ;
  • optimiser les horaires de blanchisserie ;
  • fermer ou régler les chambres inoccupées ;
  • suivre la consommation en kWh par nuitée ;
  • entretenir les groupes froids de cuisine ;
  • étudier les pompes à chaleur pour l’eau chaude sanitaire.

Optimisation TURPE spécifique

L’hôtel doit surveiller les pointes liées à la production d’eau chaude, à la cuisine, à la blanchisserie et à la climatisation. Les usages différables, comme la buanderie ou certaines productions d’eau chaude, peuvent être déplacés vers des périodes moins coûteuses.

Industriel

L’industrie présente les profils les plus complexes. Les consommations peuvent être continues, cycliques, saisonnières ou très concentrées selon le process.

Principaux besoins énergétiques

  • moteurs électriques : convoyeurs, broyeurs, mélangeurs, pompes ;
  • air comprimé : compresseurs, réseaux, sécheurs, fuites ;
  • chaleur : fours, chaudières, vapeur, séchage ;
  • froid industriel : groupes froids, stockage, process ;
  • ventilation : extraction, filtration, traitement d’air ;
  • pompage : fluides, eau, process, effluents ;
  • éclairage : ateliers, entrepôts, quais ;
  • utilités : eau glacée, vapeur, vide, azote, hydraulique.

Optimisations prioritaires

  • réaliser un audit énergétique détaillé ;
  • cartographier les usages par ligne de production ;
  • installer des variateurs de vitesse ;
  • réparer les fuites d’air comprimé ;
  • abaisser la pression du réseau d’air comprimé si possible ;
  • récupérer la chaleur fatale ;
  • optimiser les consignes de froid ;
  • isoler les réseaux vapeur et eau chaude ;
  • mettre en place une supervision énergétique ;
  • étudier l’effacement ou la flexibilité électrique ;
  • vérifier l’éligibilité aux taux réduits d’accise ;
  • adapter les contrats à la réalité des cycles de production.

Optimisation TURPE spécifique

L’industriel doit comparer plusieurs versions tarifaires, suivre les puissances atteintes par période et analyser les pics de production. La réduction des pointes peut passer par le pilotage des utilités, le stockage intermédiaire, le décalage de certaines opérations ou l’effacement rémunéré.

Collectivité

Une collectivité gère souvent un parc très hétérogène : mairie, écoles, gymnases, piscines, éclairage public, ateliers municipaux, bâtiments culturels, logements communaux ou réseaux techniques.

Principaux besoins énergétiques

  • bâtiments administratifs : chauffage, éclairage, informatique ;
  • écoles : chauffage, ventilation, eau chaude, cuisine ;
  • gymnases : chauffage de grands volumes, éclairage puissant ;
  • piscines : chauffage de l’eau, déshumidification, pompes ;
  • éclairage public : points lumineux, armoires, horloges ;
  • ateliers : machines, stockage, véhicules ;
  • culture et événementiel : salles, équipements scéniques, climatisation.

Optimisations prioritaires

  • réaliser un inventaire complet des compteurs ;
  • prioriser les bâtiments les plus énergivores ;
  • passer l’éclairage public en LED ;
  • mettre en place l’abaissement nocturne ;
  • installer une télégestion des bâtiments ;
  • régler les plages horaires selon occupation réelle ;
  • isoler les bâtiments prioritaires ;
  • optimiser les piscines et équipements sportifs ;
  • mutualiser les achats d’énergie ;
  • suivre les consommations bâtiment par bâtiment.

Optimisation TURPE spécifique

Les collectivités doivent traiter les compteurs un par un : certains petits sites peuvent être surdimensionnés, tandis que les équipements comme piscines ou gymnases peuvent avoir des pics importants. L’optimisation repose sur le regroupement des données, l’ajustement de puissance et le pilotage horaire.

Copropriété

Dans une copropriété, l’énergie est souvent une charge collective importante, surtout en présence d’un chauffage collectif, d’eau chaude collective, d’ascenseurs, de parkings ou de ventilation mécanique.

Principaux besoins énergétiques

  • chauffage collectif : gaz, électricité, réseau de chaleur ;
  • eau chaude sanitaire : chaudières, ballons, circulateurs ;
  • ventilation : VMC collective, extraction parking ;
  • ascenseurs : motorisation, éclairage cabine ;
  • parties communes : halls, escaliers, caves, parkings ;
  • pompes : relevage, surpression, chauffage ;
  • sécurité : contrôle d’accès, vidéosurveillance, désenfumage.

Optimisations prioritaires

  • équilibrer le réseau de chauffage ;
  • calorifuger les réseaux ;
  • régler la courbe de chauffe ;
  • installer des robinets thermostatiques ;
  • individualiser les frais de chauffage si applicable ;
  • remplacer l’éclairage par des LED ;
  • installer des détecteurs de présence ;
  • contrôler la ventilation ;
  • renégocier le contrat gaz ;
  • préparer les travaux avec un audit énergétique ou un diagnostic adapté.

Optimisation TURPE spécifique

La copropriété doit vérifier la puissance des compteurs des parties communes et des équipements collectifs. Les ascenseurs, ventilations et pompes peuvent générer des appels de puissance ponctuels. Un mauvais dimensionnement augmente l’abonnement sans améliorer le confort.

Entreprise multisite

Une entreprise multisite peut être un réseau de magasins, d’agences, de restaurants, de dépôts, de bureaux, d’hôtels, de concessions, de laboratoires ou de sites industriels.

Principaux besoins énergétiques

  • éclairage et chauffage des sites ;
  • climatisation ;
  • informatique et équipements de sécurité ;
  • froid commercial selon les sites ;
  • process local ou atelier ;
  • bornes de recharge ;
  • enseignes et affichage dynamique ;
  • équipements spécifiques selon chaque typologie.

Optimisations prioritaires

  • centraliser les factures ;
  • harmoniser les dates d’échéance ;
  • comparer les sites entre eux ;
  • identifier les sites atypiques ;
  • négocier par volume ;
  • standardiser les consignes de température ;
  • déployer des équipements homogènes ;
  • mettre en place un tableau de bord énergétique ;
  • créer une politique d’ouverture et fermeture énergétique ;
  • suivre les gains par site.

Optimisation TURPE spécifique

Le multisite doit comparer les puissances souscrites site par site. Deux sites similaires doivent avoir des ratios proches. Un site avec une puissance très supérieure à la moyenne doit être analysé en priorité.

ETI et grande entreprise

Les ETI et grandes entreprises doivent gérer l’énergie comme un poste stratégique : achat, risque marché, fiscalité, performance énergétique, décarbonation, conformité réglementaire et continuité d’activité.

Principaux besoins énergétiques

  • production industrielle ;
  • utilités énergétiques ;
  • grands bâtiments tertiaires ;
  • data centers ou salles serveurs ;
  • logistique ;
  • flotte électrique ;
  • chauffage et froid ;
  • process thermique ;
  • éclairage de grands volumes ;
  • équipements critiques fonctionnant en continu.

Optimisations prioritaires

  • définir une politique d’achat énergie ;
  • mettre en concurrence les fournisseurs ;
  • suivre les marchés de gros ;
  • acheter par tranches ;
  • étudier les PPA ;
  • déployer ISO 50001 ;
  • mettre en place une supervision énergétique ;
  • étudier l’effacement ;
  • valoriser la flexibilité ;
  • optimiser la fiscalité énergétique ;
  • suivre les émissions carbone ;
  • coordonner achats, finance, RSE, production et maintenance.

Optimisation TURPE spécifique

Les ETI et grandes entreprises doivent modéliser plusieurs scénarios de puissance, d’option tarifaire et de déplacement de charge. Une simulation fine peut générer des économies importantes, surtout si les sites sont raccordés en HTA ou HTB.

Construire un plan d’action durable pour réduire la facture d’énergie

Prioriser les actions selon le retour sur investissement

Les optimisations doivent être classées en trois catégories : actions immédiates, actions à retour rapide et investissements structurants.

Actions immédiates

  • vérifier les horaires de fonctionnement ;
  • corriger les consignes de chauffage et climatisation ;
  • éteindre les équipements inutiles ;
  • identifier les consommations nocturnes ;
  • contrôler les factures ;
  • vérifier la puissance souscrite ;
  • comparer les offres disponibles ;
  • former les équipes.

Actions à retour rapide

  • passage en LED ;
  • détection de présence ;
  • réparation des fuites d’air comprimé ;
  • programmation horaire ;
  • calorifugeage ;
  • réglage de chaufferie ;
  • maintenance des groupes froids ;
  • optimisation de puissance.

Investissements structurants

  • rénovation énergétique ;
  • pompes à chaleur ;
  • photovoltaïque ;
  • stockage électrique ou thermique ;
  • récupération de chaleur fatale ;
  • GTB ou supervision énergétique ;
  • modernisation des process ;
  • contrat de performance énergétique.

Mettre en place un tableau de bord énergie

Un tableau de bord doit permettre de suivre :

  • la consommation mensuelle ;
  • le coût total ;
  • le prix moyen en €/MWh ;
  • la puissance maximale appelée ;
  • les consommations hors horaires utiles ;
  • les écarts par rapport à l’année précédente ;
  • les économies réalisées ;
  • les anomalies par site ou par usage ;
  • les échéances contractuelles ;
  • les actions en cours.

Former les équipes

Les économies d’énergie ne reposent pas uniquement sur les équipements. Les comportements et les procédures internes jouent un rôle important.

Exemples de consignes utiles

  • éteindre les équipements en fin de journée ;
  • ne pas modifier les consignes de température sans autorisation ;
  • signaler les fuites, bruits anormaux ou portes froides mal fermées ;
  • respecter les horaires de lancement des machines ;
  • fermer les portes entre zones chauffées et non chauffées ;
  • éviter les chauffages d’appoint électriques ;
  • limiter les ouvertures de chambres froides ;
  • remonter toute dérive de consommation.

Renégocier régulièrement les contrats

Un contrat d’électricité ou de gaz doit être revu avant son échéance. L’entreprise doit éviter de subir une reconduction automatique sans comparaison du marché.

Moments clés pour comparer

  • six à neuf mois avant l’échéance d’un contrat important ;
  • avant l’ouverture d’un nouveau site ;
  • après une baisse ou hausse d’activité ;
  • après l’installation de bornes de recharge ;
  • après des travaux énergétiques ;
  • après l’ajout d’un équipement puissant ;
  • lors d’un changement d’horaires ;
  • lors d’une stratégie d’autoconsommation.

Vérifier les aides, obligations et dispositifs réglementaires

Certaines entreprises peuvent être concernées par des obligations ou dispositifs qui influencent leurs choix énergétiques : décret tertiaire, audits énergétiques, certificats d’économies d’énergie, aides à la rénovation, management de l’énergie ou obligations propres aux grandes entreprises.

Décret tertiaire

Les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² sont concernés par une trajectoire de réduction des consommations. Cette obligation doit être intégrée dans les décisions de rénovation, de pilotage et de suivi énergétique.

Certificats d’économies d’énergie

Les CEE peuvent financer une partie de certains travaux : isolation, chauffage performant, récupération de chaleur, régulation, éclairage, équipements industriels ou actions spécifiques selon les fiches en vigueur.

Audit énergétique

L’audit permet d’identifier les usages les plus consommateurs, les dérives, les travaux pertinents et les économies attendues. Il est particulièrement utile pour les industriels, hôtels, collectivités, copropriétés et entreprises multisites.

Conclusion

Réduire la facture énergétique d’une entreprise suppose d’agir simultanément sur l’achat d’énergie, le TURPE, la fiscalité, la puissance souscrite, les usages, les équipements et le pilotage. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque l’entreprise part de ses données réelles, adapte les leviers à son secteur et suit ses consommations dans la durée.

 

Gersende de Sabran-Pontevès

Gersende de Sabran-Pontevès

Diplômée de l'EFAP, Gersende a travaillé pendant 15 ans en tant que Directrice de l'Evénementiel chez Pierre Cardin. En 2024, elle crée le site numero-fournisseur-energie.fr qui a pour ambition de démocratiser la comparaison et le changement de fournisseur d'énergie.

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